• « Je ne supporte pas d'être moi, je m'invente. »
    Joë Bousquet 

     


    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>  Quand j'étais petite, je m'inventais des vies. Des histoires. De folles aventures et de dangereuses escapades.
    <o:p> </o:p>De tragiques destins ou des vies faciles.

     


    <o:p> </o:p> Un jour fille de millionnaires ne s'occupant pas assez de moi mais pouvant faire ce qu'elle veut, un autre orpheline sans le sou, rencontrant de dangereux criminels mais finissant toujours par m'en sortir, puis le lendemain, justicière au grand cœur. 

     


    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>En m'inventant une autre vie, je m'échappais de la réalité. Mon esprit quittait mon corps, immobile devant la fenêtre.


    Mon cinéma intérieur se mettait en route et mon imagination entrait en scène.

     


    <o:p> </o:p> Je testais des émotions que je ne connaissais pas encore : l'amour, la soif de vengeance, la douleur de la perte d'un être cher... 

     


    <o:p> </o:p> Je vivais dans le futur, dans le passé, mais jamais au présent. Trop réel. Trop cinglant.


    Trop présent.

     

     


    <o:p> </o:p> Je restais ainsi des heures ainsi, à m'amuser sans que personne ne s'en aperçoive. Sauf lorsque j'étais seule, et où je mettais en scène, avec nombre gestes et costumes de pacotille, les histoires que déroulait ma fantaisie débridée.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>  

     

    Cela me faisait oublier le quotidien. Les cris et les angoisses. Les non-dits et les claques. Les pleurs et les ombres.
    <o:p> </o:p>  

     

    <o:p> </o:p>Cela faisait passer le temps, les jours de pluie et de vent.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p> 

    Mettre un masque, ne pas être réellement soi, rester insaisissable.

     

     

    Changer son destin en quelque chose d'extraordinaire, juste quelques minutes ou heures, pour oublier.
    Oublier que j'étais fade, quelconque.

     


    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>  Oublier que je ne me supportais pas.

     


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  • Dans un sursaut de bornéitude, j'ai réécris mon texte. Enfin à peu près.

     

    J'aimerais raconter mes vacances avec Lui. La chaleur, le soleil, les villages de pierre, le contact de sa main, les dizaines de photos, la première avec nous deux dessus, nos promenades, l'eau glacée, les chèvres, les kilomètres, la toute petite route, le gîte perdu, les tapas imprévues, ses amis, des glaces multiples, l'onde de bonheur quand je suis à côté de lui et qui me chatouillait les zygomatiques, le bruit de Barcelone, la pluie du retour.

     

     

    J'aimerais pouvoir raconter ce Week End qui a si mal débuté à cause de ma foutue jalousie, de la douane qui nous regardait bizarre, des surprises réussies, du bal du village qui nous a cassé les oreilles jusqu'à 4h du matin, de l'orage et de la flemmardise du lendemain, du match et de nos rires face à mes commentaires sportifs, malgré la défaite.

     

     

     

    J'aimerais raconter l'anniv de PC, des retrouvailles avec des ami(e)s pas vus depuis longtemps, des délires, des souvenirs échangés, des racontages de vie, des échanges d'expérience.

     

     

     

    J'aimerais raconter la soirée d'hier, pour dire au revoir à Luce, mon Soleil, qui part pour un an au Mali, de la lutte toute la soirée pour ne pas y penser et pour ne pas afficher un sourire triste, des rires de ses cavalières de 15 ans, des échanges d'avis sur des films avec Seï et la famille de Luce. Du manque d'envie de reprendre l'ascenseur.

     

     

    J'aimerais raconter la soirée resto juste avec Luce au resto Marocain à St Jean y'a deux semaines, de la serveuse paumée, de l'autre serveuse qui devait tout faire, de la danseuse, de la méga glace trois boules qu'elle m'a offerte, un an après notre "trip-glace", de nuit cette fois-ci, des photos ratées pour essayer de nous prendre en tof avec les glaces, sans que ce soit flou, des « bon anniversaire Manuuuuuue » que nous devions hurler à une caméra, des discussions, de mon admiration face à ses dessins, et à son talent au DDR.

     

     

    J'aimerais pouvoir raconter mes souvenirs de rentrée, de la boule au ventre en collège-lycée, de la peur de ne pas être avec les ami(e)s, des nouvelles têtes, des nouveaux profs, des nouvelles matières, du Brevet, du Bac, des 8 heures de philo par semaine alors qu'on déteste ça et-puis-pourquoi-8h-alors-qu'on-prépare-un-Bac L-hein-on-fait-pas-un-Bac Philo-et-pourquoi-tu-me-regardes-bizarre-espèce-de-catho-prof-c'est-mon-vernis-noir-qui-te-dérange-t'as-peur-que-je-te-lance-un-sort ? Les premières envies d'écritouillage, les premiers bouts de phrases, les premières histoires maladroites, en amour ou écrites sur papier ou écran. Les premières sorties jusqu'à minuit, les anniversaires avec quelques bières cachées.

     

     

     

    J'aimerais pouvoir raconter ma nostalgie face à des amis étudiants, de leurs soirées étudiantes, finir bourrés à 4h du mat alors qu'on a cours à 8h, des beuveries chez les uns et les autres ou au Bar, de ses 28 petits tonneaux de vin aromatisé, des soirées dans les champs de Bastille, des gueules de bois, des trous noirs, de la mousse dans <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Fontaine" w:st="on">la Fontaine</st1:PersonName>, de la voix de Dark Vador mêlée à celle de Patrick Bruel que je me traînais le lendemain en cours, des bouffées de stress lors des 10 partiels en 4 jours, des dossiers à rendre à la bourre et un peu bâclés sur la fin, des frousses des oraux après avoir rendu le mémoire, de la course pour choper le train de 12h04, des pas traînants en descendant du train de 22h02, du soleil levant derrière Belledonne et du soleil couchant derrière le Vercors depuis mon hublot, des toits illuminés de Grenoble, du marché de Noël plein d'odeurs et de couleurs du monde, des soirées crêpes et téquila, des retrouvailles chaque année, de l'insouciance, finalement, parce que la vie d'étudiant, c'est quand même la belle vie.

     

    J'aimerais raconter tout cela avec plus de détails.

    Avec des mots justes, précis, nets.

     

    Mais je ne les trouvent pas.

     

    Alors je raconte dans le désordre, avec des phrases courtes ou longues, et plein de virgules qui découpent les souvenirs.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p> Il me devient difficile d'écrire.

     

    Les phrases ne viennent plus aussi facilement.

     

    J'ai du mal à être satisfaite de ce que j'écris.

     

     

    Mais c'est tout de même raconter.<o:p> </o:p>

     


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  • Je déraille.

    Faudrait qu'on m'explique.

    Cette capacité que j'ai de changer d'humeur si rapidement. D'être assaillie de doutes en tous genres. De cette frousse qui me colle à la peau.

     

     

    Je n'arrive plus à dormir dans mon lit, chez moi.

     

     

    La route, les gens autour... j'angoisse. Je sursaute au moindre bruit. Je ne suis pas à l'aise, pas assez en sécurité.

    Je m'endors que longtemps après avoir éteins, allumé puis ré-éteins la lumière. Après avoir lu une bonne cinquantaine de pages.

     

    Rien à faire. J'angoisse.

    Je ne respire qu'à partir de 4h30 du mat'. Le calme du matin.

     

     

    L'heure des départs en vacances.

     

     

    Je m'en souviens... Ce calme, ce demi sommeil. La ville endormie, la nature se réveillant. Les oiseaux s'ébrouant, là-haut, sous les tuiles, dans leur nid. Et moi près de la voiture, piaffant d'impatience. Les parents qui vérifient que tout est bien fermé. L'eau. Le gaz. Les fenêtres. Les volets. Les portes.

     

    Et moi, dehors, au milieu du jardin en fleurs, je respirait cette odeur particulière de départ et d'extérieur endormi. Les étoiles pâlissait comme le ciel, pendant que la lune restait là, brillante, s'accrochant jusqu'aux derniers moments de son règne nocturne. Je goûtait ce calme avec plaisir. J'étais sereine. Rien ne pouvait perturber ce silence parfait et sa saveur si particulière.

     

    Encore aujourd'hui, je ne suis bien qu'à partir de 4h30 du matin.

     

     

    Sauf s'il est là, si ses bras m'entourent et me protègent.

    Dans ce cas là, je suis bien.

     

     

    A n'importe quel instant.


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  • Je m'arrange toujours pour acheter mon nouvel agenda de l'année dès qu'ils sont mis en rayon, vers la fin du mois de juin. Il y a moins de monde. Les gens ne pensent pas encore à la rentrée, vu que l'école n'est pas encore terminée. Ils pensent aux vacances, au soleil, à la détente, ou au contraire à comment mettre de l'argent de coté cet été pour couvrir les frais scolaires.

     

     

    Après la période « D.D.P » dont je collectionnais les pubs dans mes classeurs au collège, je suis rapidement passée à ceux de l'étudiant. Ça faisait plus... « mature », au lycée.

    Puis on s'habitue à la mise en page, aux personnages, aux ptits bons plans... Alors on le garde aussi pour les études supérieures.

     

     

    Puis premier boulot.

    Bon.

     

    Un truc + sérieux, un grand avec toute la semaine sur double page, ou bien un petit dans une couverture en cuir...

    Ou tout bêtement, un « Ben. », décalé, avec de bonnes phrases bien senties... et noir.

     

    Puis on se lasse, on aimerait autre chose.

     

    Cette année, j'en ai trouvé un pas mal, malgré l'absence de cartes, numéros de téléphones utiles, etc. à la fin. Il a une citation à la fin de chaque jour. Il en possède pas mal sur toute la couverture. Assez petit, sans spirale,s pour une fois., mais avec un élastique pour que les petits papiers en dedans ne tombent pas.

     

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>J'adore remplir mon agenda. Avant qu'il ai une quelconque utilité, je veux dire. Au collège-lycée-IUT, je mettais des photos, des citations, des articles, des scans de paragraphes de bouquins, des images de groupes, d'artistes, d'animaux, de bagnoles...

    Mes agendas devenaient de vraies œuvres hétéroclites, style « carnet de pensées de l'année scolaire ».

     

     

    <o:p> </o:p>Cette année, quelques citations, encore. Même s'il y en a à chaque bas de page.
    Des adresses web, aussi, à ne pas oublier.
    Sans doute quelques flyers, places de concerts et de photos d'artistes. Des post-it multicolores... Beaucoup de post-it multicolores.

    Peut être des cotillons, des confettis, en souvenir de concert/fête/anniversaire.

     

    <o:p> </o:p>

    Et surtout, surtout, noter les anniversaires. En rouge. Au feutre. Comme ça, l'écriture se voit au travers des 3 pages avant, me prévenant de l'évènement.

     

     
    <o:p> </o:p>

    Ça me permet de m'organiser à l'avance. De voir quand tombent les vacances, les concerts. Ça a son revers de la médaille aussi. On m'a prévenue plusieurs fois : tout organiser, ce n'est pas bon. Il faut laisser couler, laisser la vie suivre son cours, ne pas toujours tout maîtriser. Sinon il n'y a plus aucune surprise...


     

    Ce à quoi je réponds : faux. Archi faux.


     

    Même dans le planning le plus huilé et organisé du monde, il peut toujours y avoir des surprises, des moments inattendus, des catastrophes, des joies, des peines, des retards.  


     J'aime savoir ce que je fais, ce que je dois faire, et à quel moment. Sinon je m'embrouille, j'oublie. Je deviens perdue.

    Et je déteste ce sentiment.


     

    Quel mal y a t il alors à vouloir organiser les choses ? A garder un semblant de maîtrise sur les choses pour pouvoir réagir au plus vite lorsque d'un évenement inattendu surgit?  Quel mal y a t il à vouloir créer une sorte de fil invisible auquel me raccrocher et qui me permet de rester en équilibre dans cette vie ? A ne pas me casser la gueule du haut de mon 7 ème étage et m'écraser sur le bitume ?

     

     

    <o:p> </o:p>Je n'en vois aucun...
    <o:p> </o:p>

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    Des visages rajeunis, des sourires sans âges. 

    Des fringues d'un autre temps, se retrouvant dans les greniers du présent. 

    Des personnes toujours là, d'autres parties trop tôt. 

    Des souvenirs, des exclamations, des rires, des yeux mouillés. 

    De vieux rallyes, des mariages, des baptêmes, des anniversaires de mariage ou d'enfants. 

    Mon frère tout jeune, me promenant en poussette, me faisant faire du skate. 

    Des vacances et des paysages que j'avais oubliés... 

     

    Sur fond du "ronron" du projecteur qui entame sa 32 ème année.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p> 

     

     

    Note : ce sont mes dernières photos avec mon appareil. Oui je vais le changer pour en prendre un plus performant (d'ailleurs si vous avez des conseils...)

     

    Mais surtout parce qu'il s'est pris une petite chute involontaire y'a deux heures et que l'écran du coup est devenu tout blanc.

     

    Oué j'suis une quiche oué >_<


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