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Parce que mon autre blog "Let's Rock" devenait assez... bordélique, en voici un autre. Défouloir sentimental, coups de gueules, coups de coeur, humeurs, soleils, ombres, bouquins, films, musique, souvenirs... Comment ça ici AUSSI c'est bordélique?
Un village, perdu dans la campagne. Du vent. Du soleil. Des petits vieux qui avancent lentement avec leurs trois pattes, se racontant des souvenirs. Une odeur de ferme. Des touristes « verts » un peu perdus. Le lavoir, avec son eau toujours aussi glacée. Les prés et les vaches qui mâchent tranquillement au soleil, indifférentes aux promeneurs. L'horizon de forêts, de champs, de hameaux.
La croix blanche qui marque, ironiquement, le début de la « rue de la croix rouge ». Le coin des escargots. Le château de la sorcière. La « muraille ». Le château du « Comte ». La Madone, surplombant le village, au milieu d'un bouquet de sapin et de champs de blés.
L'appartement dans la maison en pierre. Juste derrière la boulangerie, qui nous réveillait de ses doux arômes le matin. Les lits trampolines qui grincent. Le grand lit entouré de fer forgé, auquel on inventait mille et une acrobaties, ma cousine et moi, le soir, avant de nous endormir. La porte fenêtre de la chambre, avec sa petite plaque de bois en bas, haute d'un mètre, pour nous empêcher, quand on étaient petits, de se barrer en courant par la porte sans surveillance... Les vieux jouets. Les « Sylvain et Sylvette » et leur odeur de vieux livres... La salle d'eau, exposée au nord, toujours aussi froide.
Ce village, je l'ai vu s'agrandir en 20 ans. Quand je venais une semaine, avec ma cousine, notre tante et grand mère, nous partageant entre courses à vélo, marches à pied, visites aux arrières grands parents, et p'tit bac le soir.
C'est fou comme une absence de quelques semaines dans un lieu connu peut ramener comme souvenirs. On se sent vieux, soudain.
Les odeurs de l'enfance, pourtant récente, reviennent d'un coup, tout comme les souvenirs, en couleurs un peu passées, comme ces vieux films muets aux couleurs défraîchies que mon père faisait.
On l'aime cette enfance. Naïve, innocente. D'un coup, on comprend les « grands adultes », les parents, qui parlent de leur ancien temps avec de la nostalgie dans la voix, et des images dans les yeux.
Quand je vois mes petits neveux, ou ma nièce qui découvre la campagne, car trop souvent enfermée dans un appartement, j'ai le sentiment d'avoir « grandi ». D'être passée à la génération suivante. Ce ne sont plus nous, les « petits ». Ce sont eux, maintenant. Nous sommes devenus les « p'tits qui ont grandi », les « jeunes ». Sensation étrange... De se voir « grandie » par les autres alors que dans la tête, on reste une ado, s'accrochant à ses bribes d'enfance pour ne pas sombrer dans le monde gris des adultes.
N'empêche ça fait du bien. De se replonger dans ses souvenirs, de retrouver des lieux haïs, aimés, craints, regrettés.
Un jour, j'aurais une maison, là-bas. En lisière d'une forêt. Avec vue sur des champs et des bois. Juste le vent dans les arbres.
Le calme.
Là-bas, je serais bien.
Publié par Lujena à 14:37:53 dans Boîte à souvenirs | Commentaires (0) | Permaliens
Une fille avançait
Telle une ombre
Seule, elle marchait
Le regard sombre
Habillée de noir
Pour passer inaperçue
Couleur du désespoir
Ce mal qui la tue
Des souvenirs ressurgissent
Cruels, sombres et noirs...
Ceux qui jamais ne s'enfouissent
Dans les méandres de la mémoire
Tu sais, on s'est jamais croisées
Mais je sais par où t'es passée
Je sais le mal que ça fait
Et celui que tu te fais...
Mais ça vaut pas la peine de te détruire
Tout n'est pas si moche dehors
Tu as encore tant à découvrir
Avant d'appeller la mort...
Dans son regard incrédule
Joliment souligné de noir
Je lis de la peine, de la solitude
Et tant de désespoir...
Puis, sans un mot, elle repart
Se fondant dans la foule qui l'engloutit
Mais je sais que ce n'est pas un hasard
Si je l'ai rencontrée aujourd'hui...
Lentement je rentre chez moi
Silhouette noire, teint blême
Mon regard se pose sur mes bras
Et j'me dis que quand même...
Ces conseils je ferais bien de les appliquer à moi-même...
Luna
Publié par Lujena à 01:22:31 dans De rimes en vers | Commentaires (0) | Permaliens
***Ceci est un texte fictif...***
Les cloches de l'église toute proche me sortent de ma torpeur... Un coup, deux coups... Douze au total. Quel jour on est déjà ? Ah oui, samedi...
C'est mon anniversaire.
Je rechigne à allumer mon portable... Les « Joyeux anniversaire », « et un an de plus ! » me soûlent plus qu'autre chose. Je n'aime pas les anniversaires. Surtout le mien.
Je l'allumerai plus tard.
Je descends dans la cuisine. Il fait un froid glacial. Personne à la maison. Mon père doit être au boulot. Un message sur la table me le confirme, et me préviens qu'il ne rentrera qu'en fin de journée. Toute la journée toute seule...
Parfait.
Journée cocooning alors. J'allume un feu dans la cheminée, admirant les flammes orangées qui crépitent. Leurs formes éphémères ondulent... Et me calme. Je m'étale devant la télé et zappe. Rien d'intéressant... ça n'a rien d'étonnant. Je pioche dans ma sélection de DVD musicaux. Non... un film plutôt. L'étrange Noël de Mister Jack tiens. Même si ça me rappelle des souvenirs qui me lacèrent une fois de plus...
Le squelette efflanqué me fait sourire. Il est si naïf... Si enfantin lorsqu'il découvre la « magie » de Noël... Il n'y a bien que dans les films que cette fête est « magique ».. Aujourd'hui... Ah, aujourd'hui... Ce n'est plus ce que c'était... Mais cet univers fantomatique me va parfaitement. Les esprits sont de meilleure compagnie que les humains... Fin du film, je m'étire longuement et parviens à me lever. Bon, quitte à être une larve, autant l'être propre. Donc douche fissa. Oh et puis non... Comme je suis sûre d'être tranquille, ce sera un bain.
Quelques bougies, pas un bruit autre que celui de l'eau... Je m'enfonce dans ce lit humide de mousse. Et pourtant ce semblant de bien être ne réussit à pas à apaiser mon esprit... Toujours les mêmes images... Et l'eau brûlante ne me réchauffe pas pour autant. Je reste glaciale en dedans. Tant pis. Je sors. Ça ne sert à rien de se faire des illusions.
Je m'avance vers la cheminée, en me séchant vigoureusement les cheveux. Tiens, j'ai oublié d'ouvrir les volets... J'ouvre donc la fenêtre et décroche les volets. J'arrête mon mouvement. Je fixe, étonnée, le paysage au dehors.
Il neige.
Parfait, pour un anniversaire...
Je regarde l'heure. Bientôt 17h... J'aurais vraiment traîné...
Je fixe le paysage dehors. Toute cette neige immaculée me calme. Me reviennent des souvenirs d'enfant... Les courses de luge, les batailles... « Le temps de l'insouciance » comme le disent certains.
Ils n'ont pas tord.
Un détour par la chambre pour m'habiller. Ma garde robe est assez funèbre, mais pour un jour comme celui-ci ce sera parfait. Je mets la dernière touche à mon maquillage lorsque mon père rentre du travail. Il a l'air si fatigué... Je le regarde, et lis de la tristesse dans ses yeux.
-Je vais voir maman, tu viens avec moi ?
Il détourne le regard. Ce sera sa seule réponse.
Je pousse un soupir résigné. Je m'y attendais à cette réponse... Quatre ans qu'il ne change pas de discours. Tant pis ; j'irai seule à son anniversaire.
Il redescend au garage. « Pour éviter de penser, il faut travailler » me disait-il il y a longtemps. Mouais, ça marche peut être pour lui, mais pas pour moi...
Un paquet sur la table de la cuisine attire mon regard. Des roses rouge sombre... Comme le sang.
Sa manière à lui de participer sans doute...
Je prend le paquet et ouvre la lourde porte. Le froid me brûle les joues. Mais j'avance quand même.
J'aime la neige. Lorsqu'elle tombe, tout se calme, comme si son manteau étouffait les bruits de la ville. Il n'y a personne au dehors. Tout est tranquille... Comme apaisé. Ces moments me manquent le reste de l'année...
Dix minutes plus tard, je me trouve face au portail noir. Pas de sonnette, on y entre comme dans un moulin... Je suis l'allée de gravier, et arrive devant la demeure en pierre.
Je reste plantée devant.
-Bonjour maman.
Je me baisse, pose les fleurs à terre. Et enlève la neige de la plaque.
« A mon épouse,
A ma maman,
Partie trop tôt retrouver les anges... »
Luna
Publié par Lujena à 01:20:35 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) | Permaliens
17 avril
Publié par Lujena à 01:18:28 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) | Permaliens
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Ils ont dit...