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Moi, je...

Parce que mon autre blog "Let's Rock" devenait assez... bordélique, en voici un autre. Défouloir sentimental, coups de gueules, coups de coeur, humeurs, soleils, ombres, bouquins, films, musique, souvenirs... Comment ça ici AUSSI c'est bordélique?

Muuuuuusiiiiique


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Souvenirs d'été... | 17 août 2007

 

 

Un village, perdu dans la campagne. Du vent. Du soleil. Des petits vieux qui avancent lentement avec leurs trois pattes, se racontant des souvenirs. Une odeur de ferme. Des touristes « verts » un peu perdus. Le lavoir, avec son eau toujours aussi glacée. Les prés et les vaches qui mâchent tranquillement au soleil, indifférentes aux promeneurs. L'horizon de forêts, de champs, de hameaux.

La croix blanche qui marque, ironiquement, le début de la « rue de la croix rouge ». Le coin des escargots. Le château de la sorcière. La « muraille ». Le château du « Comte ». La Madone, surplombant le village, au milieu d'un bouquet de sapin et de champs de blés.

L'appartement dans la maison en pierre. Juste derrière la boulangerie, qui nous réveillait de ses doux arômes le matin. Les lits trampolines qui grincent. Le grand lit entouré de fer forgé, auquel on inventait mille et une acrobaties, ma cousine et moi, le soir, avant de nous endormir. La porte fenêtre de la chambre, avec sa petite plaque de bois en bas, haute d'un mètre, pour nous empêcher, quand on étaient petits, de se barrer en courant par la porte sans surveillance... Les vieux jouets. Les « Sylvain et Sylvette » et leur odeur de vieux livres... La salle d'eau, exposée au nord, toujours aussi froide.

 

Ce village, je l'ai vu s'agrandir en 20 ans. Quand je venais une semaine, avec ma cousine, notre tante et grand mère, nous partageant entre courses à vélo, marches à pied, visites aux arrières grands parents, et p'tit bac le soir.

C'est fou comme une absence de quelques semaines dans un lieu connu peut ramener comme souvenirs. On se sent vieux, soudain.

Les odeurs de l'enfance, pourtant récente, reviennent d'un coup, tout comme les souvenirs, en couleurs un peu passées, comme ces vieux films muets aux couleurs défraîchies que mon père faisait.

On l'aime cette enfance. Naïve, innocente. D'un coup, on comprend les « grands adultes », les parents, qui parlent de leur ancien temps avec de la nostalgie dans la voix, et des images dans les yeux.

Quand je vois mes petits neveux, ou ma nièce qui découvre la campagne, car trop souvent enfermée dans un appartement, j'ai le sentiment d'avoir « grandi ». D'être passée à la génération suivante. Ce ne sont plus nous, les « petits ». Ce sont eux, maintenant. Nous sommes devenus les « p'tits qui ont grandi », les « jeunes ». Sensation étrange... De se voir « grandie » par les autres alors que dans la tête, on reste une ado, s'accrochant à ses bribes d'enfance pour ne pas sombrer dans le monde gris des adultes.

 

N'empêche ça fait du bien. De se replonger dans ses souvenirs, de retrouver des lieux haïs, aimés, craints, regrettés.

 

Un jour, j'aurais une maison, là-bas. En lisière d'une forêt. Avec vue sur des champs et des bois. Juste le vent dans les arbres.

Le calme.

Là-bas, je serais bien. 

 

 

Publié par Lujena à 14:37:53 dans Boîte à souvenirs | Commentaires (0) |

Face à face | 17 août 2007

 

 

 

Une fille avançait

Telle une ombre

Seule, elle marchait

Le regard sombre

Habillée de noir

Pour passer inaperçue

Couleur du désespoir

Ce mal qui la tue

Des souvenirs ressurgissent

Cruels, sombres et noirs...

Ceux qui jamais ne s'enfouissent

Dans les méandres de la mémoire

Tu sais, on s'est jamais croisées

Mais je sais par où t'es passée

Je sais le mal que ça fait

Et celui que tu te fais...

Mais ça vaut pas la peine de te détruire

Tout n'est pas si moche dehors

Tu as encore tant à découvrir

Avant d'appeller la mort...

Dans son regard incrédule

Joliment souligné de noir

Je lis de la peine, de la solitude

Et tant de désespoir...

Puis, sans un mot, elle repart

Se fondant dans la foule qui l'engloutit

Mais je sais que ce n'est pas un hasard

Si je l'ai rencontrée aujourd'hui...

Lentement je rentre chez moi

Silhouette noire, teint blême

Mon regard se pose sur mes bras

Et j'me dis que quand même...

Ces conseils je ferais bien de les appliquer à moi-même...

 

Luna

Publié par Lujena à 01:22:31 dans De rimes en vers | Commentaires (0) |

Le blanc et le noir | 17 août 2007

***Ceci est un texte fictif...***

 

Les cloches de l'église toute proche me sortent de ma torpeur... Un coup, deux coups... Douze au total. Quel jour on est déjà ? Ah oui, samedi...

 

 

C'est mon anniversaire.

 

 

Je rechigne à allumer mon portable... Les « Joyeux anniversaire », « et un an de plus ! » me soûlent plus qu'autre chose. Je n'aime pas les anniversaires. Surtout le mien.

 

 

Je l'allumerai plus tard.

 

 

Je descends dans la cuisine. Il fait un froid glacial. Personne à la maison. Mon père doit être au boulot. Un message sur la table me le confirme, et me préviens qu'il ne rentrera qu'en fin de journée. Toute la journée toute seule...

 

 

Parfait.

 

 

Journée cocooning alors. J'allume un feu dans la cheminée, admirant les flammes orangées qui crépitent. Leurs formes éphémères ondulent... Et me calme. Je m'étale devant la télé et zappe. Rien d'intéressant... ça n'a rien d'étonnant. Je pioche dans ma sélection de DVD musicaux. Non... un film plutôt. L'étrange Noël de Mister Jack tiens. Même si ça me rappelle des souvenirs qui me lacèrent une fois de plus...

 

 

Le squelette efflanqué me fait sourire. Il est si naïf... Si enfantin lorsqu'il découvre la « magie » de Noël... Il n'y a bien que dans les films que cette fête est « magique ».. Aujourd'hui... Ah, aujourd'hui... Ce n'est plus ce que c'était...  Mais cet univers fantomatique me va parfaitement. Les esprits sont de meilleure compagnie que les humains... Fin du film, je m'étire longuement et parviens à me lever. Bon, quitte à être une larve, autant l'être propre. Donc douche fissa. Oh et puis non... Comme je suis sûre d'être tranquille, ce sera un bain.

 

 

Quelques bougies, pas un bruit autre que celui de l'eau... Je m'enfonce dans ce lit humide de mousse. Et pourtant ce semblant de bien être ne réussit à pas à apaiser mon esprit... Toujours les mêmes images... Et l'eau brûlante ne me réchauffe pas pour autant. Je reste glaciale en dedans. Tant pis. Je sors. Ça ne sert à rien de se faire des illusions.

 

 

Je m'avance vers la cheminée, en me séchant vigoureusement les cheveux. Tiens, j'ai oublié d'ouvrir les volets... J'ouvre donc la fenêtre et décroche les volets. J'arrête mon mouvement. Je fixe, étonnée, le paysage au dehors.

 

 

Il neige.

 

 

Parfait, pour un anniversaire...

 

 

Je regarde l'heure. Bientôt 17h... J'aurais vraiment traîné...

 

 

Je fixe le paysage dehors. Toute cette neige immaculée me calme. Me reviennent des souvenirs d'enfant... Les courses de luge, les batailles... « Le temps de l'insouciance » comme le disent certains.

Ils n'ont pas tord.

 

 

Un détour par la chambre pour m'habiller. Ma garde robe est assez funèbre, mais pour un jour comme celui-ci ce sera parfait. Je mets la dernière touche à mon maquillage lorsque mon père rentre du travail. Il a l'air si fatigué... Je le regarde, et lis de la tristesse dans ses yeux.

 

 

-Je vais voir maman, tu viens avec moi ?

Il détourne le regard. Ce sera sa seule réponse.

Je pousse un soupir résigné. Je m'y attendais à cette réponse... Quatre ans qu'il ne change pas de discours. Tant pis ; j'irai seule à son anniversaire.

 

 

Il redescend au garage. « Pour éviter de penser, il faut travailler » me disait-il il y a longtemps. Mouais, ça marche peut être pour lui, mais pas pour moi...

 

 

Un paquet sur la table de la cuisine attire mon regard. Des roses rouge sombre... Comme le sang.

 

 

Sa manière à lui de participer sans doute...

 

 

Je prend le paquet et ouvre la lourde porte. Le froid me brûle les joues. Mais j'avance quand même.

 

 

J'aime la neige. Lorsqu'elle tombe, tout se calme, comme si son manteau étouffait les bruits de la ville. Il n'y a personne au dehors. Tout est tranquille... Comme apaisé. Ces moments me manquent le reste de l'année...

 

 

Dix minutes plus tard, je me trouve face au portail noir. Pas de sonnette, on y entre comme dans un moulin... Je suis l'allée de gravier, et arrive devant la demeure en pierre.

Je reste plantée devant.

 

 

-Bonjour maman.

 

 

Je me baisse, pose les fleurs à terre. Et enlève la neige de la plaque.

 

« A mon épouse,

A ma maman,

Partie trop tôt retrouver les anges... »



Luna

Publié par Lujena à 01:20:35 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) |

"Dis papa, c'est l'amour?" | 17 août 2007

stacy-modif-2.jpg 

 

17 avril

 

Pour ma petite fée espiègle...
 
 
Une petite fille se baladait avec ses parents dans la campagne. Au bord d'un ruisseau, elle voit deux libellules, accrochées l'une à l'autre. La petite fille les regardent en souriant, puis, d'un regard interrogateur, demande à sa maman :
-Maman, c'est quoi l'amour ?
La maman est bien embêtée...
-Va demander à ton père, lui dit-elle.
La petite fille obéit, et va poser sa question à son papa :
-Papa, c'est quoi l'amour?
Après un bref regard à sa femme, il lui répond :
-L'amour, ce sont des sentiments qui font perdre un peu la tête, qui font chaud au cœur, qui rendent la vie belle... C'est aimer, vouloir partager des choses avec quelqu'un, ou avec ses amis. Dans une relation amoureuse, c'est penser à l'être aimé très souvent, voire tout le temps, ne rêver que d'elle, vouloir être le plus possible en sa compagnie, pour le voir, lui parler, le toucher. Sinon, la personne nous manque terriblement.
 
La petite fille est perplexe.
 
-Il y aurait-il des mots que tu n'aurais pas compris ?, lui demande alors son papa.
-Non... je crois avoir compris... Mais pourquoi certaines personnes en couple se disputent ? Si elles sont en couple, c'est qu'elles s'aiment... Alors pourquoi se déchirent-elles ?
 
Le papa semble gêné. Mais il se décide à répondre.
-Parce que parfois, l'être aimé n'est pas tout à fait ce que l'on pensait... Il a des qualités, certes, mais aussi des défauts, qu'on ne voyait pas au premier abord... L'amour rend aveugle tu sais... Ce n'est qu'une expression, mais elle a du sens : une fois amoureux, on est un peu « dans les nuages », on trouve la vie belle, on ne voit que le bon coté des choses. Puis, après quelques jours, quelques semaines, mois ou années, on se rend compte que la personne qu'on aime est aussi un être humain... et les sentiments peuvent s'effilocher... On se renferme sur soi-même, on ne parle plus beaucoup, on se sent incompris... Parfois la jalousie s'en mêle, parce qu'on préfère discuter avec d'autres personnes, et la personne qui partage notre vie ne l'accepte pas forcément. C'est dur de faire confiance à l'autre, tu sais. D'accepter de ne pas tout savoir de sa vie, pour ne pas l'étouffer. Même si on a envie de savoir comment étaient ses journées, qui l'accompagnait, de quoi ils ont parlé... Puis l'un ou l'autre s'éloigne, et c'est ainsi que naissent des incompréhensions, puis les disputes... Est-ce que j'ai répondu à ta question ?
-Oui... je pense avoir compris... Merci papa, lui répondit la petite fille.
 
Elle s'en retourna au bord de l'eau. Son père la suivi.
 
-Mais alors... C'est bête l'amour ? Enfin j'veux dire... C'est cruel... Comment quelque chose qui semble si beau peut-il faire autant de mal ?
-Ah ça..., soupira son père, c'est une bonne question...
 
La petite fille se releva, et affirma, digne et fière :
-Eh ben moi jamais je ne tomberai amoureuse. JAMAIS ! Si c'est pour souffrir après avoir tant rêvé et espéré, ça vaut pas la peine...
Son père sourit.
-Ça ne se commande pas tu sais. Tu peux même tomber amoureuse sans t'en rendre compte... Tu ne t'en aperçois que lorsque la personne qui t'est chère est avec quelqu'un d'autre, ou bien loin de toi pendant longtemps...
 
La petite fille soupira.
-C'est dur l'amour... c'est... c'est quoi le mot que tu m'as apprit hier déjà ? « épiègle » ?
-« Espiègle » répondit son père dans un sourire.
-Oui, voilà..., dit-elle en se rasseyant auprès de son père. L'amour, c'est « espiègle » articula-t-elle avec application. Ça donne au début, et ça reprend tout sans qu'on s'en rende compte... Ou alors on le cherche, alors qu'il est là, en face de nous... Ou encore, il nous pique à un moment où on n'en veut plus, où on ne l'attend pas...
Son père sourit.
 
-Tu en comprends des choses toi, alors que tu es encore si jeune... Mais je t'en prie ma petite fille, n'oublie pas : le rêve peut être source d'amour... Partage tes rêves avec quelqu'un, ou avec tes amis... Car l'amour ce n'est pas qu'entre deux personnes, tu sais, l'amitié est une forme d'amour... Parfois plus à l'abri du temps que l'amour lui-même..., dit-il, songeur.
Partage, donne, soit attentive aux personnes autour de toi qui ont besoin de sourire... Qui ont besoin de Ton sourire...
Ne bride pas tes rêves, dit-il en prenant sa fille dans ses bras, car quand on grandit, c'est tout ce qui nous reste pour supporter le quotidien...
 
Alors la petite fille le regarda, et lui offrit son plus beau sourire...
 
Elle se leva, et marcha en direction de sa mère.
-Où vas-tu ? lui demanda son père.
-Je vais partager mon sourire que je t'ai donné avec maman, lui répondit-elle. Peut être que comme ça, vous vous rapprocherez...
Son père sourit avec tristesse.
-Dis papa, tu me les raconteras aussi tes rêves ? Un jour ?
-Un jour, oui... peut être... Mais tu sais, les rêves de quand on est petits sont très différents de ceux qu'on a une fois grands...
-C'est pas grave... Tant que ce sont des rêves, et que tu les partages avec moi... ça t'aidera à supporter ta vie « de grand » !
Et elle s'en alla en chantant :
« Je ne veux pas paralyser mes rêves... Jusqu'au bout, je ferais de mon mieux... »
 
 
 
Luna.

Publié par Lujena à 01:18:28 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) |

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