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Parce que mon autre blog "Let's Rock" devenait assez... bordélique, en voici un autre. Défouloir sentimental, coups de gueules, coups de coeur, humeurs, soleils, ombres, bouquins, films, musique, souvenirs... Comment ça ici AUSSI c'est bordélique?
La nuit est tombée. Dehors, les grillons font la fête au ciel, à l'unisson et en cadence, s'il vous plait. La petite horloge égrène ses tic-tac lancinants. Au même rythme coulent des perles humides sur la table. Légèrement plus rapide, le cœur bat, avec ses à-coups irréguliers qui deviennent familiers. Et 20 000 fois plus rapidement, fusent les idées noires et les pensées morbides dans ma tête tenue à deux mains.
La petite carapace se fissure. Trop de choses en une semaine, trop de sentiments, d'émotions et de sensations contradictoires, en si peu de temps. Les dents serrées ne peuvent rien face au barrage qui est en train de céder, face à la boule dans la gorge qui serre à étouffer, à ce cri trop longtemps réprimé.
Trop instable, je me retrouve sur un fil, au-dessus d'un ravin, un jour de tempête, avec aucune ombrelle me servant de balancier et garant de mon équilibre.
Sans aucun parachute, non plus.
Je regarde le vide en dessous. Il ne me fait pas peur. Il ressemble tant aux méandres qui m'habitent, à ce tourbillon noir de mélancolie, d'incertitudes et de dénigrement qui absorbe toute pensée ou énergie positive. Transformant chaque lueur en obscurité, chaque sourire en froid éloignement, chaque baiser en parole mordante, chaque caresse en coup.
Un tourbillon lent, qui tourne, emberlificote les pensées, les envies, les sentiments, les besoins.
Un tourbillon noir comme une nuit sans étoile, comme de l'encre de Chine.
Avec un bruit, comme un vrombissement sourd, opaque, continu.
Des images fusent. Même les beaux souvenirs sont entachés par un petit désagrément, de ceux qu'on oublie pour ne garder que les autres bons évènements de la journée.
Comme hébétée, je reste là, sans un son, sans une parole correctement émise, sans mots pouvant coller à la réalité, à regarder le mal qui émane de moi. Par mes pensées, mes actes, mes paroles.
S'en suivent les « tu l'a bien mérité », et autres dénigrements.
Je reste passive. Je laisse faire la sale voix. Elle parle si bien à ma place, la June.
Je le sens pourtant, le mal que je fais aux gens. Mais je ne parviens pas à me contrôler, à être moins désagréable, moins capricieuse, moins lunatique, moins boudeuse, moins pessimiste, moins fataliste.
Moins chiante.
Les grillons entament une nouvelle sérénade à la lune.
La petite horloge continue ses tic tac.
Les perles roulent toujours et tombent comme la pluie de la semaine dernière, régulières.
Le cœur ralentit.
Les pensées aussi.
Elle tentent de s'échapper sous ma peau, la marque par en dessous.
Rouges.
Publié par Lujena à 23:32:38 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (2) | Permaliens
***Ceci est un texte fictif...***
Les cloches de l'église toute proche me sortent de ma torpeur... Un coup, deux coups... Douze au total. Quel jour on est déjà ? Ah oui, samedi...
C'est mon anniversaire.
Je rechigne à allumer mon portable... Les « Joyeux anniversaire », « et un an de plus ! » me soûlent plus qu'autre chose. Je n'aime pas les anniversaires. Surtout le mien.
Je l'allumerai plus tard.
Je descends dans la cuisine. Il fait un froid glacial. Personne à la maison. Mon père doit être au boulot. Un message sur la table me le confirme, et me préviens qu'il ne rentrera qu'en fin de journée. Toute la journée toute seule...
Parfait.
Journée cocooning alors. J'allume un feu dans la cheminée, admirant les flammes orangées qui crépitent. Leurs formes éphémères ondulent... Et me calme. Je m'étale devant la télé et zappe. Rien d'intéressant... ça n'a rien d'étonnant. Je pioche dans ma sélection de DVD musicaux. Non... un film plutôt. L'étrange Noël de Mister Jack tiens. Même si ça me rappelle des souvenirs qui me lacèrent une fois de plus...
Le squelette efflanqué me fait sourire. Il est si naïf... Si enfantin lorsqu'il découvre la « magie » de Noël... Il n'y a bien que dans les films que cette fête est « magique ».. Aujourd'hui... Ah, aujourd'hui... Ce n'est plus ce que c'était... Mais cet univers fantomatique me va parfaitement. Les esprits sont de meilleure compagnie que les humains... Fin du film, je m'étire longuement et parviens à me lever. Bon, quitte à être une larve, autant l'être propre. Donc douche fissa. Oh et puis non... Comme je suis sûre d'être tranquille, ce sera un bain.
Quelques bougies, pas un bruit autre que celui de l'eau... Je m'enfonce dans ce lit humide de mousse. Et pourtant ce semblant de bien être ne réussit à pas à apaiser mon esprit... Toujours les mêmes images... Et l'eau brûlante ne me réchauffe pas pour autant. Je reste glaciale en dedans. Tant pis. Je sors. Ça ne sert à rien de se faire des illusions.
Je m'avance vers la cheminée, en me séchant vigoureusement les cheveux. Tiens, j'ai oublié d'ouvrir les volets... J'ouvre donc la fenêtre et décroche les volets. J'arrête mon mouvement. Je fixe, étonnée, le paysage au dehors.
Il neige.
Parfait, pour un anniversaire...
Je regarde l'heure. Bientôt 17h... J'aurais vraiment traîné...
Je fixe le paysage dehors. Toute cette neige immaculée me calme. Me reviennent des souvenirs d'enfant... Les courses de luge, les batailles... « Le temps de l'insouciance » comme le disent certains.
Ils n'ont pas tord.
Un détour par la chambre pour m'habiller. Ma garde robe est assez funèbre, mais pour un jour comme celui-ci ce sera parfait. Je mets la dernière touche à mon maquillage lorsque mon père rentre du travail. Il a l'air si fatigué... Je le regarde, et lis de la tristesse dans ses yeux.
-Je vais voir maman, tu viens avec moi ?
Il détourne le regard. Ce sera sa seule réponse.
Je pousse un soupir résigné. Je m'y attendais à cette réponse... Quatre ans qu'il ne change pas de discours. Tant pis ; j'irai seule à son anniversaire.
Il redescend au garage. « Pour éviter de penser, il faut travailler » me disait-il il y a longtemps. Mouais, ça marche peut être pour lui, mais pas pour moi...
Un paquet sur la table de la cuisine attire mon regard. Des roses rouge sombre... Comme le sang.
Sa manière à lui de participer sans doute...
Je prend le paquet et ouvre la lourde porte. Le froid me brûle les joues. Mais j'avance quand même.
J'aime la neige. Lorsqu'elle tombe, tout se calme, comme si son manteau étouffait les bruits de la ville. Il n'y a personne au dehors. Tout est tranquille... Comme apaisé. Ces moments me manquent le reste de l'année...
Dix minutes plus tard, je me trouve face au portail noir. Pas de sonnette, on y entre comme dans un moulin... Je suis l'allée de gravier, et arrive devant la demeure en pierre.
Je reste plantée devant.
-Bonjour maman.
Je me baisse, pose les fleurs à terre. Et enlève la neige de la plaque.
« A mon épouse,
A ma maman,
Partie trop tôt retrouver les anges... »
Luna
Publié par Lujena à 01:20:35 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) | Permaliens
17 avril
Publié par Lujena à 01:18:28 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (1) | Permaliens
Les mots fusent... Ils se répercutent sur les murs comme des missiles prêts à toucher son coeur...
Alors elle fuit, elle s'enferme dans le placard, là où tout est noir, là où tout est tranquille...
Elle ferme les yeux à s'en fendre les paupières, et plaque ses mains sur ses oreilles, pour ne plus entendre ces horreurs, pour oublier ces malheurs...
Elle part...
Elle rejoint son monde imaginaire...Là où tout est beau, là où tout est tranquille...
Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, elle est bien, se sent à l'abri, protégée...
Ses parents sont là, et lui tendent la main en souriant... ils la soulèvent, comme lorsqu'elle était petite. Les vallées sont verdoyantes, un papillon passe et se pose sur son bras, tout est calme, tout est tranquille...
Un regard empli d'amour la suit, et la protège avec tendresse...
Puis un éclair déchire le ciel.
Un flot d'injures vient la sortir de son rêve, et crève sa bulle avec violence. Un bras la tire violemment hors de son repair. Sa mère vocifère, mais elle n'entend rien, ne comprend rien... Elle est bien trop déboussolée pour ça...
Sa mère la jette su rle lit, un masque de haine la rend aussi horrible que cette vieille sorcière de contes... Elle ne reconnait pas sa mère...Non... Ce ne peut pas être elle...
Une porte claque ; sa mère se retourne et court après le fuyard...
Alors elle prend les ciseaux, et vérifie leur tranchant sur son bras... Lorsque les premières gouttes de sang coulent, ses larmes trouvent enfin la sortie et dévastent ses joues...
C'est sa punition pour avoir été trop naïve...
Pour avoir cru qu'il suffisait de vivre un rêve pour oublier un cauchemard quotidien...
Publié par Lujena à 23:12:56 dans Petits textes sans prétention | Commentaires (0) | Permaliens
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Ils ont dit...