Je déraille.
Faudrait qu'on m'explique.
Cette capacité que j'ai de changer d'humeur si rapidement. D'être assaillie de doutes en tous genres. De cette frousse qui me colle à la peau.
Je n'arrive plus à dormir dans mon lit, chez moi.
La route, les gens autour... j'angoisse. Je sursaute au moindre bruit. Je ne suis pas à l'aise, pas assez en sécurité.
Je m'endors que longtemps après avoir éteins, allumé puis ré-éteins la lumière. Après avoir lu une bonne cinquantaine de pages.
Rien à faire. J'angoisse.
Je ne respire qu'à partir de 4h30 du mat'. Le calme du matin.
L'heure des départs en vacances.
Je m'en souviens... Ce calme, ce demi sommeil. La ville endormie, la nature se réveillant. Les oiseaux s'ébrouant, là-haut, sous les tuiles, dans leur nid. Et moi près de la voiture, piaffant d'impatience. Les parents qui vérifient que tout est bien fermé. L'eau. Le gaz. Les fenêtres. Les volets. Les portes.
Et moi, dehors, au milieu du jardin en fleurs, je respirait cette odeur particulière de départ et d'extérieur endormi. Les étoiles pâlissait comme le ciel, pendant que la lune restait là, brillante, s'accrochant jusqu'aux derniers moments de son règne nocturne. Je goûtait ce calme avec plaisir. J'étais sereine. Rien ne pouvait perturber ce silence parfait et sa saveur si particulière.
Encore aujourd'hui, je ne suis bien qu'à partir de 4h30 du matin.
Sauf s'il est là, si ses bras m'entourent et me protègent.
Dans ce cas là, je suis bien.
A n'importe quel instant.