« Je ne supporte pas d'être moi, je m'invente. »
Joë Bousquet
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p> Quand j'étais petite, je m'inventais des vies. Des histoires. De folles aventures et de dangereuses escapades.
<o:p> </o:p>De tragiques destins ou des vies faciles.
<o:p> </o:p> Un jour fille de millionnaires ne s'occupant pas assez de moi mais pouvant faire ce qu'elle veut, un autre orpheline sans le sou, rencontrant de dangereux criminels mais finissant toujours par m'en sortir, puis le lendemain, justicière au grand cœur.
<o:p> </o:p><o:p> </o:p>En m'inventant une autre vie, je m'échappais de la réalité. Mon esprit quittait mon corps, immobile devant la fenêtre.
Mon cinéma intérieur se mettait en route et mon imagination entrait en scène.
<o:p> </o:p> Je testais des émotions que je ne connaissais pas encore : l'amour, la soif de vengeance, la douleur de la perte d'un être cher...
<o:p> </o:p> Je vivais dans le futur, dans le passé, mais jamais au présent. Trop réel. Trop cinglant.
Trop présent.
<o:p> </o:p> Je restais ainsi des heures ainsi, à m'amuser sans que personne ne s'en aperçoive. Sauf lorsque j'étais seule, et où je mettais en scène, avec nombre gestes et costumes de pacotille, les histoires que déroulait ma fantaisie débridée.
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Cela me faisait oublier le quotidien. Les cris et les angoisses. Les non-dits et les claques. Les pleurs et les ombres.
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<o:p> </o:p>Cela faisait passer le temps, les jours de pluie et de vent.
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Mettre un masque, ne pas être réellement soi, rester insaisissable.
Changer son destin en quelque chose d'extraordinaire, juste quelques minutes ou heures, pour oublier.
Oublier que j'étais fade, quelconque.
<o:p> </o:p><o:p> </o:p> Oublier que je ne me supportais pas.